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Monsieur-LesaffreErnest -Vindicien Lesaffre

Né à Ohain le 19 Janvier 1837

Décédé à Maubeuge le 15 Février 1921

Chevalier de la Légion d’honneur

 

Pierre - François Dumont

Maire de Ferrière la Grande

 

Ernest Lesaffre

faisait partie de cette catégorie d’hommes qui, issus du peuple, n’ont fréquenté aucune grande école, se sont élevés par un labeur opiniâtre et ont atteint des sommets qui provoquent l’admiration et l’étonnement. Ernest Lesaffre a suivi quelques années les cours de l’école primaire de Maubeuge et se fit remarquer par son intelligence, son travail, ses aptitudes toutes spéciales pour le dessin.


Le 12 Décembre 1852, à l’âge de 15 ans, Ernest Lesaffre entrait comme apprenti ajusteur aux Ateliers de Construction de Ferrière-la-Grande, qui, avec les Laminoirs, appartenaient alors à Monsieur Pierre-François Dumont. Travailleur infatigable, prenant sur ses nuits pour compléter son instruction, il fut vite remarqué, et en 1855, le chef de fabrication des Laminoirs du Bois Castiau étant tombé malade, Monsieur Dumont le fit suppléer par Monsieur Lesaffre, qui se mit rapidement au courant du service.


En 1857, après le décès du chef de fabrication, Monsieur Dumont n’hésita pas à lui confier la direction des laminoirs. Et il avait vingt ans ! Entretemps, on faisait des essais et des expériences avec un bateau à vapeur baptisé le Précurseur, jaugeant 120 tonneaux, qui, sous la direction de Monsieur Lesaffre, effectuait en moins de dix jours le voyage aller et retour Maubeuge-Paris, chargement et déchargement compris.


Ernest Lesaffre aimait à rappeler ces voyages effectués au cours de sa dix huitième année, et jamais capitaine ne fut plus fier de son navire. Pierre - François Dumont mourut en 1864. Jusqu’en 1871, son fondé de pouvoir

Martial Delattre administra les usines qui furent alors exploitées sous la raison sociale «Dumont et Cie».

En 1877, la commandite fit place à la Société Anonyme des Établissements Métallurgiques de Ferrière-la-Grande. Comme Ernest Lesaffre possédait, chose assez rare, toute la confiance des actionnaires, du personnel et des ouvriers, le Conseil d’Administration l’appela à la direction des établissements, avec le titre d’Administrateur Délégué qu’il a conservé durant toute sa carrière. Ernest Lesaffre fit partie du Conseil des Prud’hommes et en devint le Président.
Il fut membre de la Chambre de Commerce d’Avesnes, puis assura sa Présidence en novembre 1905.

 

M Lesaffre fut Maire de Ferrière la Grande pendant seize années, de 1892 à 1908, et sa commune était l’une des mieux administrées du département du Nord. De taille élevée et svelte, M Lesaffre fut l’activité en personne, fidèle toute sa vie à la devise de sa jeunesse «Toujours debout» aimant le travail par dessus tout.

Sur le seuil de son bureau après quelques semaine de maladie, il accueillait un vieil ami par ces paroles : «je suis bien heureux.... Je vais pouvoir travailler».


C’était une belle âme, ayant à son service une plume alerte, vigoureuse, d’où s’échappait, sans effort, le reflet de sa pensée en des phrases qui avaient la beauté et l’harmonie et qui faisaient penser à nos meilleurs écrivains. Soigneux en toutes choses, il avait particulièrement soigné son écriture et elle était la plus belle expédiée connue.... Mr Lesaffre avait eu 2 filles de son mariage avec Melle Souvy. L’une a été épousée par Mr Charles Autier, docteur en médecine, ex-interne et lauréat des Hôpitaux de Paris, médaille d’or en pharmacie. La seconde par Mr Georges Collet, Directeur Général de la société Horme et Buire et professeur de métallurgie à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, dont il était sorti ingénieur. Mr Lesaffre était né à Ohain, près de Trélon, le 19 Janvier 1837. Il s’est éteint doucement à Maubeuge, au milieu des siens le 15 Février 1921.


Lors de ses funérailles le 19 Février 1921, sur le parvis de l’église de Maubeuge, des discours furent prononcés dont celui de Monsieur Soumillon, Maire de Ferrière la Grande au nom du Conseil Municipal et de la commune, et celui de Monsieur Dellis Riquaire, au nom des amis du défunt. Les corps constitués, les habitants de Ferrière auxquels s’étaient joints ceux des communes environnantes, ont tenu à accompagner M Lesaffre à sa dernière demeure, justifiant une fois de plus le vieil adage «VOX POPULI VOS DEI». Messieurs Lesaffre et Dumont reposent l’un à côté de l’autre, au cimetière de Ferrière la Grande. M Dumont à l’ombre de la grande croix élevée sur sa tombe, laquelle porte l’inscription lapidaire suivante « Soldat, Député, Industriel» formulée par M Lesaffre.

L’adieu de M Lesaffre à son bienfaiteur, devenu son meilleur ami, est une des plus belle manifestations de son cœur et de sa pensée. M Lesaffre et M Dumont ont chacun une rue à leur nom à Ferrière-la-Grande.

Sources: Claudette Delvaux grâce au recueil sur M Lesaffre envoyé à M. Joseph Delvaux et imprimé par la Frontière à Maubeuge le 8 Mai 1921.